Parent-Thèses

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On parle de Parents-Thèses
dans La Première, La Première

Merci pour la conférence sur "Nos Loyautés Familiales". J'ai compris plein de choses au sein de mon couple, ma famille et avec mes enfants.

Sophie (27 novembre 2020)

"J'ai apprécié la conférence. Même en ligne il y a une belle convivialité et même une proximité intéressante avec le conférencier »

Virginie (25 novembre 2020)

« Magnifique et très intéressante conférence donnée par un grand Monsieur. Passionnant »

Caroline (25 novembre 2020)

"J'abuse" des vidéos des conférences à (ré)écouter sur la plate-forme de membres. Cela permet de revenir les pieds ancrés en prenant la distance juste

Olivier (18 novembre 2020)

Je profite énormément de la plateforme pour le moment. J’apprends plein de choses sur moi, ma famille, mes enfants

Valérie (31 octobre 2020)

Parent-Thèses : une mine d'informations et de sujets traités par des experts

Delphine (28 septembre 2020)

« Merci pour tous ces partages d'une grande richesse »

Stéphane (8 septembre 2020)

28 avril 2016

Communiquer avec un adolescent

En général, c'est depuis leur naissance qu'on nous serine de toute part à propos de nos enfants : « Oh lala, tu verras à l'adolescence, comme ça coûte cher et comme tu vas en baver ! », « Petits enfants petits soucis, grands enfants grands soucis. » « Le plus dur, c’est avec les filles ! »,« Ce sera encore plus dur avec ton fils ! », etc. Ainsi, chaque parent ou presque subit un pré-conditionnement à mal vivre l'adolescence de ses enfants avant même qu’ils en aient l'âge. C'est pourquoi bien communiquer avec un adolescent nécessite avant toute chose de balayer tous ces stéréotypes et préjugés dont on a l'esprit encombré.

Rencontre avec Christel Petitcollin, auteure française, conseil et formatrice en communication et développement personnel.

L’adolescence est une période instable et vulnérable

Bien sûr, l'adolescence est une période instable et vulnérable. Les parents redoutent souvent le pire pendant cette période : La drogue, le suicide, les fugues, le racket…. Et c'est vrai que malheureusement, tout cela existe mais ce sont des cas extrêmes. Du reste avoir une bonne communication avec son ado est déjà une forme efficace de prévention. Mais à rester focalisés sur ces risques majeurs, les parents vont passer à côté des autres souffrances, moins graves certes, mais plus courantes de leurs adolescents. Or c’est ce déni de leurs difficultés quotidiennes qui renforce l'impression qu'ont les ados d'être incompris. «  Ouais, mes parents ils ne pensent qu'à la drogue et à l'école. Le reste, ça compte même pas pour eux ! »

Pourtant, il est aisé de comprendre que même sans la drogue, les fugues ou le racket, cette période est difficile : leur personnalité est en train de se construire, le futur est une page blanche bourrée de peurs et d'incertitudes, leurs émotions difficiles à gérer, leur corps devient un étranger aux concours incertains qui se cogne partout, avec de nouvelles odeurs, des poils qui poussent et des réactions physiologiques hors de contrôle comme les wet dreams des garçons ou les règles pour les filles.

J'ai eu l'occasion de constater que beaucoup de gens, jeunes et moins jeunes qui ne se sont pas drogué, qui n'ont pas fugué etc. gardent néanmoins un souvenir épouvantable de leurs années de 5e et de 4e. Couverts de boutons, incompris des adultes, souvent persécutés par d'autres élèves, plaqués par leur meilleur ami, subissant des pressions de leur entourage familial ou scolaire pour faire des choix d'orientation qui les dépassent complètement…Ces premières années d'adolescence sont vraiment vécues comme un cauchemar. C’est donc à cette période de 5e, 4e, en nous rappelant ce que nous avons nous-même vécu au même âge, qu'il faut être particulièrement vigilants et proches de nos enfants mais sans leur faire pour autant porter nos peurs du pire.

Giboulée de bébé et averse d’adulte

Lorsque mes enfants étaient petits et qu'ils pestaient parce qu'il neigeait en mai ou qu'il faisait encore assez beau pour aller à la plage alors que l'école avait repris, je leur expliquais que le printemps et l'automne ne sont pas de vraies saisons mais une guerre entre l'hiver et l'été. A l'automne, c'est l'hiver qui finit par gagner, au printemps, c'est l'été. Et bien l'adolescence, c'est pareil : c'est le printemps de la vie et c'est une bataille entre l'enfant qu'il n'est presque plus et l'adulte qu’il n'est pas encore. Ce qui fait que certains jours, vous avez en face de vous un gros bébé et d'autres fois un jeune et fier adulte. Et comme un adolescent c’est aussi changeant qu'un printemps, vous pouvez aussi avoir une giboulée de bébé dans une discussion adulte ou une averse d'adulte dans des demandes de bébé. C'est ce qui fait que les adolescents sont très déroutants pour les adultes avides de logique et de cohérence que nous sommes.

Devenez le météorologue des humeurs de votre ado

C'est ainsi que la principale règle d'une bonne communication avec un ado est d'apprendre à repérer qui s'exprime en lui du bébé ou du jeune adulte. Il faut être très attentif car cela ne se repère quelquefois que dans son langage non verbal : une mine renfrognée, une lèvre boudeuse ou un air conquérant, un menton fièrement redressé. Tellement peu de chose que vous risquez à tout moment de vous tromper. Mais qui peut prétendre avoir traversé un printemps sans s'être trompé entre les lunettes de soleil et le parapluie ? Si vous répondez en adulte au bébé, vous l'insécurisez et vous le frustrez mais si vous répondez en bébé à l'adulte, vous le vexez. Dans un cas comme dans l'autre, il y aura un clash, votre ado se sentira incompris. C’est difficile à éviter mais on peut limiter les conflits en étant plus attentif ou en s'excusant de ne pas avoir compris. Et cette communication avec le bébé et l'adulte va être d'autant plus complexe et délicate qu'il ne suffit pas de repérer qui s'exprime chez l'ado, encore faut-il y répondre correctement, c'est à dire avec tact, amour et fermeté obliger le bébé à grandir et l'adulte à calmer ses ardeurs conquérantes. L'inverse serait dramatique pour eux, bien sur. Ca tombe sous le sens.

Le fossé des générations n’est pas près d’être comblé

"La jeunesse d'aujourd'hui est pourrie jusqu'au tréfonds, mauvaise, irréligieuse et paresseuse. Elle ne sera jamais comme la jeunesse du passé et sera incapable de préserver notre civilisation." Ce texte a été retrouvé gravé sur une tablette d'argile babylonienne dont l'âge est estimé à plus de 3 000 ans. C'est dire si le fossé entre les générations ne date pas d'hier ! Si on ne l'a pas encore comblé, c'est peut-être parce que ce fossé est nécessaire à la construction des jeunes et à la préparation des plus anciens à l'arrivée prochaine de leur vieillesse.

Alors, si on arrêtait de dramatiser l’adolescence pour s'émerveiller de la prodigieuse transformation qui a lieu sous nos yeux : celle de notre bébé d’amour en jeune et bel adulte ? C’est encore plus fascinant que la naissance d'un papillon, n’est-ce pas ?

Merci à Christel Petitcollin pour cet article

Ce sujet vous à intéressé? Envie d'aller plus  loin ?

Je vous invite à prendre connaissance du "Parcours Parents d'ados" qui va vous aider à amaliorer la qualité de le relation avec votre ado.

 

 

 

 



Mots-clés:

Communication, Education, Petitcollin, adolescent